Après le cauchemar du 1.2 TCe et sa consommation d'huile, Renault a rebattu les cartes avec le 1.3 TCe, co-développé avec Mercedes. A-t-il vraiment tourné la page ? Le point complet avant d'acheter.
C'est le moteur de la rédemption pour Renault. Lancé en 2018, le 1.3 TCe (codes HR13DDT / H5Ht) remplace le 1.2 TCe, devenu tristement célèbre pour sa consommation d'huile pouvant aller jusqu'à la casse. Bonne nouvelle : ce nouveau bloc, co-développé avec Mercedes-Benz, repart sur des bases bien plus solides. On le trouve aujourd'hui sous le capot d'une grande partie de la gamme Renault-Dacia-Nissan (Clio, Captur, Mégane, Arkana, Kadjar…) et même chez Mercedes. Alors, est-il enfin fiable ? Réponse nuancée.
Le 1.3 TCe n'est pas une évolution du 1.2 : c'est un moteur entièrement nouveau, qui s'attaque directement aux défauts de son prédécesseur. Deux choix techniques font toute la différence :
En clair : là où le 1.2 TCe pouvait détruire son moteur en buvant son huile, le 1.3 TCe a été conçu pour ne pas reproduire cette erreur. C'est un tout autre niveau de fiabilité — à condition de connaître les quelques points qui subsistent.
Fruit de la coopération entre l'alliance Renault-Nissan et Mercedes-Benz, ce bloc est aussi produit et utilisé par Mercedes, où il porte le code M282 (l'usine de Kölleda, en Allemagne, l'assemble à partir de composants fournis par Renault). On le retrouve sur une grande partie des Mercedes compactes à traction avant, sous les appellations 180 et 200 :
Concrètement, une Mercedes Classe A 200 essence et une Renault Mégane 1.3 TCe partagent le même moteur. Un bon repère à garder en tête : le badge à l'étoile ne change rien à la mécanique, ni aux points de vigilance (entretien rigoureux, dilution d'huile) qui s'appliquent de la même façon.
Rien de comparable au scandale du 1.2, mais quelques défauts réels, en grande partie corrigés au fil des années :
Le réflexe E85 : si la voiture roule au superéthanol, la dilution de l'huile est plus rapide. Ce n'est pas rédhibitoire, mais cela impose des vidanges plus fréquentes et une surveillance du niveau d'huile. Vérifiez l'historique d'entretien en conséquence.
La chaîne est un atout, mais elle n'est pas « éternelle » pour autant. Sur quelques exemplaires (notamment Captur et Mégane), des cliquetis au démarrage à froid ont été rapportés, parfois assez tôt. Ils peuvent trahir une chaîne fatiguée ou un tendeur en cause. À l'essai, tendez l'oreille au démarrage moteur froid : un bruit métallique bref et net doit vous alerter. La meilleure prévention reste un entretien avec des vidanges rapprochées — ce moteur n'aime pas l'huile fatiguée.
Je vérifie avec vous la motorisation, l'historique, les rappels et les risques connus avant que vous vous engagiez. Un regard neutre et expert, à distance, pour acheter sereinement.
Faire vérifier mon projet automobile →| Critère | Recommandation |
|---|---|
| Millésime | À partir de 2021 (électrovannes et segments fiabilisés, passages en atelier en baisse) |
| Puissance | 130 ou 140 ch : les plus répandues et polyvalentes |
| Boîte | Manuelle sans souci ; EDC (double embrayage) agréable mais vérifier son entretien |
| Carburant | Si E85 : exiger des vidanges plus fréquentes et un suivi d'huile strict |
| Le critère décisif | L'historique d'entretien : vidanges rapprochées + huile homologuée priment sur tout |
Le bon réflexe résumé : le 1.3 TCe est un bon moteur, bien plus sûr que le 1.2 TCe grâce à sa chaîne et à son traitement des cylindres. Visez un millésime 2021 et plus, en 130 ou 140 ch, avec un historique de vidanges rapprochées. Surveillez la dilution d'huile (surtout en E85) et écoutez la chaîne à froid. À ces conditions, c'est une valeur sûre de la Renault récente en occasion.
Je vérifie avec vous la motorisation, l'historique, les rappels et les risques connus avant que vous vous engagiez. Un regard neutre et expert, à distance, pour acheter sereinement.
Faire vérifier mon projet automobile →Oui, Renault a rectifié le tir. Le 1.3 TCe corrige le défaut majeur du 1.2 TCe et se comporte comme un moteur moderne et endurant, à condition d'être bien entretenu. Ses quelques faiblesses (défauts de jeunesse, électrovannes, fuites de carter, sensibilité à la dilution) sont connues, largement corrigées après 2021, et faciles à contrôler à l'achat.
La règle est simple : millésime récent, entretien rigoureux, vigilance sur l'huile (a fortiori en E85). Dans ces conditions, ce moteur essence est l'un des choix les plus rationnels de la gamme Renault d'occasion — un vrai soulagement après l'épisode du 1.2.
Oui, nettement plus que le 1.2 TCe. Co-développé avec Mercedes (depuis 2018), il adopte une chaîne de distribution et un traitement des cylindres (bore coating) qui règlent la consommation d'huile. Quelques défauts de jeunesse, largement corrigés après 2021. Bien entretenu, c'est un bon moteur.
Chaîne — pas de remplacement périodique coûteux, aucun problème chronique signalé. Restez attentif à un éventuel cliquetis au démarrage à froid (quelques Captur/Mégane) et entretenez avec des vidanges rapprochées.
Défauts d'usinage sur les premières séries (corrigés en 2019), électrovannes de déphasage (corrigées début 2021), fuites possibles au carter de distribution (surtout 140 ch), et sensibilité à la dilution du carburant dans l'huile, accentuée en E85. Rien de grave avec un entretien sérieux.
Les millésimes 2021 et postérieurs (électrovannes et segments fiabilisés, moins de passages en atelier). Puissances 130 ou 140 ch. Boîte manuelle simple, EDC agréable mais à vérifier. Historique de vidanges rapprochées indispensable.
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